Histoire de la place

 

Histoire de la place de Chaponost

 

 

                 

 

 

Le château de Chaponost existe dès le milieu, ou même le début, du XIIIe siècle.

 

On le trouve mentionné pour la première fois dans un document de mai 1268 qui concerne la vente de droits seigneuriaux au prieur de Saint Irénée par Guichard de Montagny. Ce dernier vend entre autres au prieur le droit "de pêche dans les fossés du château de Chaponost".

Quelques années plus tard, vers la fin du siècle probablement, le prieur de Saint Irénée acquiert le château lui-même. A cette époque, la population est concentrée à Chaponost-le-Vieux.

Comme dans de nombreux villages du Lyonnais, le château, ou vingtain, est une enceinte fortifiée où se trouvent l'église et les bâtiments seigneuriaux (auditoire de justice et dépendances). Ce n'est pas un lieu d'habitation ; c'est un lieu destiné à protéger les revenus de la seigneurie, où les habitants peuvent se mettre à l'abri en cas de danger. C'est aussi le lieu où s'exerce la justice du seigneur.

Le document de 1268 nous indique que, à Chaponost, l'enceinte est entourée de fossés remplis d'eau. L'eau venait de "la font du château appelée du vivier", aux Prés Derniers, une des sources du Merdary (ou Merdanson). Les murailles  forment un quadrilatère de 35 m de côté environ. On y pénètre par une porte située au milieu du côté nord, à laquelle on accède par un pont-levis.

En plus de l'église  et des bâtiments seigneuriaux, y avait-il au moyen âge d'autres constructions à l'intérieur de l'enceinte ? Aucun document ne permet de répondre à cette question.

Un terrier de 1357, le terrier Decronay, mentionne quatre propriétaires de fonds  à l'intérieur du château : Barthélemy Berchier, Barthélemy Sorel, Barthélemy Cordeil et Mariette Clément, née Martin. Mais le document ne précise pas  en quoi consistait leur propriété : maison, jardin ou autre.

 

                                   

 

 

Ce qui reste du château de Chaponost :

- la porte de l'enceinte, du XIVe siècle, "restaurée" en 1920

- une portion des fossés (à l'est de la porte)

- une partie des bases du clocher de l'église (dans la descente aux  toilettes publiques

 

Le château, l'église et la place aux XVIIe et XVIIIe siècles

 

Au XVIIe siècle, l'insécurité ayant diminué, le château perd son caractère défensif : les murs ne sont plus entretenus et les fossés sont asséchés ; on y joue aux quilles le dimanche "faisant grand bruit pendant les offices, détournant les paroissiens de leurs prières dans l'église qui est joignant le fossé".

L'église médiévale est agrandie :elle est prolongée à l'ouest en dehors des murs, ce qui entraîne le comblement des fossés.

1689 : adjudication des travaux à René Neyrin, maître maçon et charpentier

1689-1693; construction de la nef et des bas-côtés, de 2 chapelles de part et d'autre du chœur et de la sacristie. La chapelle nord, chapelle de la Vierge occupe une partie de l'auditoire de justice.

La nef s'ouvre sur la place à l'ouest par une porte abritée par un porche.

Une porte dans le bas-côté sud donne accès au cimetière qui s'étend le long du mur de l'église. Celui-ci se trouvait auparavant en dehors de l'enceinte du château, le long du chemin de Chaponost-le-Vieux, sur la rive gauche du Merdanson.

 

                

 

Deux inventaires, 1681 et 1791, décrivent avec précision l'auditoire de justice et ses dépendances

L'auditoire de justice, accolé à l'église, comporte trois niveaux : au rez-de-chaussée un cellier, une écurie et un cachot ; au premier étage la salle où est rendue la justice du seigneur, à laquelle on accède par 11 marches, qui permettent aussi de monter au clocher, et un petit logement pour le fermier de la dîme ; au deuxième étage des combles, inutilisés et en fort mauvais état.

La salle du premier étage sert aussi pour les assemblées de la communauté des habitants. À l'issue de la messe ou des vêpres, les hommes du village se réunissent pour débattre des affaires communes : entretien de l'église, répartition des impôts, etc … Le 3 mars 1789, c'est là qu'est rédigé le cahier de doléances de Chaponost.

En face de l'auditoire de justice, ses dépendances qui consistent en un tenailler (cuvier) avec 4 cuves et un pressoir, c'est là qu'on recueille le vin de la dîme, un cellier et une écurie.

De plus, à l'intérieur de l'enceinte se trouve une maison du XVIe siècle  à pans de bois et avec un étage en encorbellement soutenu par des poutres, ainsi que  le puits du château.

Sur le côté nord, apparaît une rangée de maisons, construites vraisemblablement au XVIe siècle, qui constitue l'amorce du développement de cette partie de Chaponost. La place à côté du château, au nord et à l'ouest de l'église, "où passe le chemin du château à la font du vivier" (terrier Contamine) sert aussi à l'assemblée des habitants.

En 1792, l'auditoire de justice et ses dépendances sont mis en vente comme biens nationaux. La commune les achète, puis les revend à des particuliers.

 

1822, cadastre dit napoléonien

Peu de changement depuis le siècle précédent

Seules deux nouvelles maisons apparaissent, construites de part et d'autre de la porte du château.

Les années suivantes sont marquées par deux faits majeurs :

- la place est considérablement agrandie

- de nouvelles maisons donnent à la place l'aspect qu'elle gardera pendant près d'un siècle et demi.

Les étapes de l'agrandissement de la place

- 1837-1842 : déplacement du cimetière à son emplacement actuel

- 1844 : construction de la rampe du bas de la rue Chapard (auparavant la route débouchait directement en face de la porte du château). L'espace ainsi dégagé permet la création d'une place (actuelle place Georges Clémenceau) et la terre enlevée sert à remblayer la route de Brignais (rue Etienne Gros).

- 1846 : le cimetière ayant disparu, on crée une place au sud de l'église après acquisition d'une parcelle de pré

L'église se trouve alors au centre de la place.

Constructions autour de la place

- dans les années 1830, construction du groupe de 3 maisons au nord-est de la place (actuellement restaurant Le Noélis, médiathèque, office du tourisme)

- dans les années 1840, construction de maisons au sud de l'église, notamment la maison Père, où se trouve aujourd'hui la police municipale

- la place se complète par les maisons dans l'angle sud-ouest

- début 1889, il ne reste qu'un espace vide, sur le côté ouest, qui va bientôt être occupé par la nouvelle église.

 

              

Autres aménagements

- 1837 : une nouvelle croix est installée la place de l'ancienne, au départ de la route de Brignais. Ensuite, elle sera transportée au sud de l'église où se trouvait l'ancien cimetière. Elle est toujours sur la place.

- 1837 : travaux à l'église, le clocher est surélevé et garni d'une horloge. On lui ajoute un lanternon surmonté d'une croix.

- 1841 : le porche de l'église est démoli.

- 1874 : construction de l'escalier entre la place et la rue Chapard

- 1877 : réaménagement du bâtiment qui abrite la mairie. On y installe un bureau de poste

- 1877 ; une fontaine est installée contre le mur du bas de la rue Chapard

 

1909 – 1975

 

Entre les deux guerres, la place continue d'évoluer :

- 1920, érection du Monument aux Morts. Dès août 1919, la municipalité décide d'élever sur la place un monument aux soldats morts à la guerre, et achète pour la démolir la maison Brossard à l'ouest de la porte médiévale. Payé en grande partie par une souscription, le monument est terminé en 1920 et  inauguré le 21 août 1921.

 

                          

 

- 1924, échange de bâtiments entre la commune et l'hospice Saint-Antoine. La commune cède à l'hospice une maison qu'elle possède dans l'impasse Léonie Rolland, et devient alors propriétaire des anciennes dépendances du château, où elle loge le garde-champêtre.

- 1933-34, la place maréchal Foch est réaménagée : alors qu'elle descendait en pente douce jusqu'aux maisons qui la bordent au sud, un mur de soutènement permet de l'aplanir . Quelques marches dans l'angle sud-ouest y donnent accès.

- Dans le même temps, on projette l'élargissement de la rampe de la rue Chapard, la fontaine est démontée et remplacée par des urinoirs (la vasque est transportée devant le Monument aux Morts).

Puis, pendant une quarantaine d'années, plus rien ne change.

 

Après 1975

1975-1976 : d'importants travaux donnent à la place sa physionomie actuelle :

 l'avenue maréchal Joffre; élargie, longe désormais le côté sud de l'église. Ce déplacement entraîne la destruction d'une partie des maisons dans l'angle sud-ouest de la place.

- la place est une nouvelle fois agrandie; cette fois-ci vers l'est, en vue d'obtenir un espace suffisant pour le marché (place du 8 mai 1945). Pour cela on détruit les anciennes dépendances du château et la maison à encorbellement située à côté. Il ne reste de l'enceinte médiévale que la porte, la base des murs encore discernable jusque là ayant disparu sous les remblais nécessaires à la création de la place.

- les immeubles HLM sont construits sur le côté sud, après démolition d'un petit bâtiment.

La place n'est  plus entourée de constructions comme elle l'était depuis presque un siècle.

En 1976, la mairie s'installe à l'emplacement actuel, remplacée par la bibliothèque, aujourd'hui médiathèque municipale.

Dans les années qui suivent on aménage le rez-de-chaussée de la maison d'à côté pour l'office du tourisme et on construit la salle socio-culturelle.

En 1997, une peinture murale exécutée sur le mur de la rue Chapard rappelle l'ancienne fontaine.

   

                                                        



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